Le facteur d'impact est une mesure statistique qui consiste à compter le nombre de fois où un article est cité en bibliographie d'autres articles pour évaluer sa "pertinence" dans le champ scientifique auquel il est rattaché (pour une définition plus complète et circonstanciée, voir ce site)
Et voici qu'arrive le "facteur d'impact humain". Il ne s'agit plus ici de comptage statistique mais de proposer à 1000 personnes, experts et chercheurs reconnus dans leur spécialité, d'évaluer des articles scientifiques et de proposer ainsi un classement. Cela s'appelle "Faculty of
1000" et évalue les articles en lien avec la biologie (cellulaire, développementale, neurosciences, etc ...)
Démarche aussi troublante qu'intéressante : imaginons le cas de figure suivant.
Un article de chercheur est refusé par une ou plusiers revues à comité de lecture et se retrouve très bien "noté" par les experts de la "faculté des 1000" ...
Certes le facteur d'impact classique n'est pas exempt de biais (faux "article/états de l'art" pour augmenter le facteur d'impact d'un collègue ou d'un labo, surpondération de revues de rang 1, etc ...) mais ces biais restent contrôlables et mineurs. En revanche ce collège invisible qui ne l'est plus, s'il a le mérite de mettre en avant de nouveaux modes de validation soulève aussi nombre de questions sur de possibles risques de collusion ou en tout cas sur la cohabitation (im?)possible des deux modèles.
[merci à Hubert Guillaud pour l'info]
OE

On pourrait tout à fait imaginer aussi l'inverse.
Je pense que tout l'intérêt est dans le mix des deux ou l'existence des 2, l'un contrebalançant l'autre.
Autre remarque également, le nombre de pairs (1 000) donne des perspectives intéressantes pour diluer les collusions.
Rédigé par: Hubert | 07 mars 2005 à 14:09
"Autre remarque également, le nombre de pairs (1 000) donne des perspectives intéressantes pour diluer les collusions."
Peut-être : mais cela permet en passant de les mettre en avant (si ce fonctionnement ce veux un tant soit peu démocratique - et crédible, il faudra avoir accès aux noms des auteurs et à leur vote par article - et à bien plus, comme leur labo d'attachement respectif....), et donc de les contrôler.
Les statisticiens et les informaticiens vont bien s'amuser !
Rédigé par: alain | 07 mars 2005 à 18:31
Ca semble être un peu le cas, puisque les noms des pairs et leurs appréciations sont publiques.
On peut toujours critiquer l'idée et sa réalisation effective bien sûr. Néanmoins, je trouve que le mix de cette méthode avec une méthode purement statistique me semble assez intéressante.
Rédigé par: Hubert Guillaud | 09 mars 2005 à 18:06
Assez d'accord avec les dernières remarques d'Hubert. Effectivement les noms des pairs et les appréciations étant disponibles et accessibles publiquement, la "crédibilité" de ce mode de validation ne (me) semble pas sujette à caution.
Il (ce mode de validation) pourrait même être l'occasion de créer un pont entre les tenants du "tout archive ouverte et auto-publication" et ceux du tout aussi dogmatique "seul valent les processus éditoriaux traditionnels". La masse énorme d'articles disponibles dans ces réservoirs que constituent les archives ouvertes pourraient trouver dans ce collège des 1000 une possibilité d'exister et d'acquérir une validation "scientifique" équivalente de celle dispensée par des revues dans lesquelles ils (les articles) ne peuvent mathématiquement pas avoir de chance d'apparaître.
Une idée serait peut-être de croiser ce mode de légitimation (collège des 1000) et des pratiques et outils collaboratifs de signets partagés ou de "social tagging". On pourrait ainsi "inscrire" dans les métadonnées de tel ou tel preprint voué à rester en dehors du circuit éditorial traditionnel les appréciations et garanties de légitimité de quelques-uns des "1000".
Rédigé par: olivier | 10 mars 2005 à 00:13