"Ceci n'est pas un compte-rendu"
Nous vous en avions déjà parlé ici, du 2 au 4 Juillet s'est tenu à Bucarest un séminaire (workshop) sur le thème : "Le monde selon Google : Googling or not googling". En complément des informations déjà disponibles sur le site du workshop , voici un "relevé d'impressions" qui comme l'indique le titre ne saurait tenir lieu de compte-rendu :
Départ en fanfare avec une (vraie) ouverture scientifique de Ioan Panzaru (Recteur de l'Université de droit de Bucarest) dans laquelle le 1/4 d'heure habituel de remerciements laisse place à un authentique discours critique (extraits) :
- « Google doit servir. Comme Ubu il doit se faire esclave. »
- Il parlera aussi d'une « Intolérance de la connaissance »
- dans un monde « partagé en deux : à un bout il y a le « relevant », à l’autre bout « l’indifférent » ».
Demain on parlera de « sérendipité ». Qui d’une certaine manière est une chance donnée à « l’indifférent » et qui à ce titre nous interroge bien au delà de la simple recherche d’information.
- Ioan Dragan soulignera dans un impeccable français que « La bibliothèque universelle, d’Utopie est devenue le seul projet réaliste du village global. »
- Peggy Cadel reviendra sur le problème du traitement linguistique des corpus dans Google. Ce à quoi Jacques Araskiewiez posera la question de savoir si une approche linguistique est nécessaire dans la mesure où le corpus (pages web) est rédigé par des non linguistes et donc fourmille de fautes d’orthographes. Pour autant, Google a aussi pour ambition d’intégrer des corpus « normés » (Print, Scholar, etc.) Donc ce traitement linguistique pourrait se justifier. Mais le public cible de Google restant le même …
- Dans le champ de la formation aux outils, Alexandre Serres soulignera à quel point les outils recherche sont devenus « des boîtes noires auto-simplifiantes, repoussant en arrière plan l’intelligence technique. » ce à quoi fera écho le discours de Phillippe Dumas pointant l'utilisation par les étudiants de Google "comme une voiture mais sans avoir encore passé leur permis."
- Eric boutin reviendra sur les logiques d'alliances de plus en plus complexes entre les outils de recherche qui possèdent en fait "2 métiers : le premier étant de construire des bases de données" (et soulignant que le rachat d'Altavista par Yahoo! avait principalement pour cause l'obtention de son portefeuille brevet dans ce secteur) et le second "de construire des indicateurs de pertinence."
- Jacques Arasciewitz se livrera à une analyse sémiologique de l'interface de Google et reviendra également sur l'un des fils rouge de ce séminaire, la notion de "pertinence" et l'objectivation induite ou supposée des résultats affichés : « La pertinence c’est la relevance plus la sérendipité. »L'analyse très fine des éléments signifiants de l'interface de Google lui permettant de s'autoriser quelques envolées. Evoquant ainsi la "toute-puissance" de Google : « dernier avatar de l’utérus devant l’ultime pleurnicherie d’un homme abandonné par Dieu. » "Google devant Dieu", voilà un bon titre de bouquin ... D'autant que l'un (Google) comme l'autre (la religion) ont pour opbjet l'exploration du (des) liens (religion venant du latin re-ligere).
Bien d'autres choses furent dites et débattues établissant Google comme un objet d'étude légitime et légitimé et qui se constitue lui-même comme son propre corpus. Il n'est possible de le cerner et d'offrir les clés d'un discours critique permettant de le circonscrire un tant soit peu qu'à la condition de réunir (comme ce fut le cas de ce séminaire) une multiplicité d'approches et de champs (étaient représentés dans ce séminaire aussi bien des anthropologues, que de sémioticiens, des conservateurs de bibliothèques, des spécialistes des sciences de l'information, des linguistes, des spécialistes du traitement de corpus, des sociologues et j'en passe).
OE

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