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Information + media + computer + critical... literacies = transliteracy

Un nouveau concept vient d'apparaître, à ajouter au florilège des nombreuses « literacies » : la transliteracy.
Il est expliqué en détail dans un texte collectif important, écrit par plusieurs chercheurs américains et britanniques, publié dans le volume 12 de First Monday, du 3 décembre dernier : « Transliteracy: Crossing divides », écrit par Sue Thomas, Chris Joseph, Jess Laccetti, Bruce Mason, Simon Mills, Simon Perril, et Kate Pullinger.

Retenons seulement ici la définition de cette sorte de  "super-literacy", grâce à la traduction française sur le blog Relief de François Guité :  « Les auteurs définissent la translittératie comme « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux ». »

En tout cas, quoi qu'on en pense, un texte à lire absolument par tous les acteurs français de la « maîtrise de l'information » !  Et une critique à lire également sur le blog de l'ami Olivier (des Egarés, pas d'Affordance...).

Pour ma part, j'attirerai juste l'attention sur une dimension particulière de ce texte.
Le concept, comme le collectif d'auteurs, est issu d'un projet plus important, né en 2005, le Transliteracies Project, projet développé à l'Université de Californie de Santa Barbara et regroupant des chercheurs de plusieurs horizons : informatique, sociologie, histoire, sciences exactes, histoire de l'art... Une sorte de nouvelle « Conférence Macy » multi et inter-disciplinaire (rappelons que les Conférences Macy ont été le berceau de la cybernétique dans les années 40-50 et rassemblaient toute la crème de la science américaine, toutes disciplines confondues : Bateson, Wiener, von Neumann, et bien d'autres).
Ce type de projet multi-disciplinaire a de quoi laisser rêveur en France, où les sous-disciplines se parlent déjà à peine entre elles et où les disciplines s'ignorent en général souverainement. Quant à la coupure entre sciences exactes, sciences humaines et sciences de l'ingénieur, elle semble parfois  tellement profonde qu'on en voit mal le dépassement.

Et si la « translittératie », terme auquel j'ai la faiblesse de préférer celui de « culture informationnelle », qui me semble plus explicite en français, était l'occasion de tisser des liens entre  mondes différents ? Il faudrait déjà commencer par ces trois « literacies », qui restent encore trop souvent séparées : la computer, la media et l'information literacy. Autrement dit, les informaticiens (ou plutôt les enseignants en informatique !), les sociologues des médias et les spécialistes de l'éducation aux médias, et les bibliothécaires-documentalistes, formateurs de la « maîtrise de l'information ».
En bref, EATIC (éducation aux TIC) + EAM (éducation aux médias) + EAI (éducation à l'information) = EACI (éducation à la culture informationnelle), variante française de la transliteracy...! (puisqu'on aime les sigles en France, ne nous privons pas !).
Il faudra revenir (plus sérieusement !)  sur ces questions.

AS

 

 


Zemblanité vs serendipité

On connaissait la serendipité (voir notamment cet ancien billet), terme littéraire forgé par l'écrivain anglais du 18ème siècle Walpole, à partir de l'île imaginaire de Serendip : on connait moins la zemblanité, terme également d'origine littéraire, forgé par un autre écrivain anglais, mais contemporain, William Boyd, dans son roman Armadillo, paru en 1999.

Il faut saluer (même à retardement !) le talent littéraire et conceptuel de Boyd, qui a réussi à forger un nouveau terme et un nouveau concept, doublement symétrique par rapport à la serendipité : si celle-ci est, selon les définitions courantes (listées ici), « l'art de faire des trouvailles » (Pek Van Andel), « l'art de faire des découvertes heureuses, inattendues et utiles par hasard » (Mark Raison), etc.,  la zemblanité est son exact contraire, puisqu'elle désigne  « la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n’apportant rien de nouveau » ("the faculty of making unhappy, unlucky and expected discoveries by design") (voir le blog d'Automates Intelligents).

Cette opposition de sens s'incarne dans une symétrie géographique parfaite, puisque William Boyd est allé aux antipodes de Ceylan (considérée comme l'île du roi de Serendip) trouver la Nouvelle Zemble, grande île quasi-désertique au nord de la Sibérie, pour en faire la racine de son néologisme.
Serions-nous là face à une nouvelle fracture Nord-Sud, assez inattendue ?   ;)

En tout cas, les ressources de la géographie sont inépuisables pour forger de nouveaux concepts et il faudrait continuer sur cette voie : pourquoi pas, par exemple, créer la « micronésité » (de l'archipel de Micronésie), pour désigner l'éparpillement et la dispersion des parcours sur le web ?

Si le concept de zemblanité est intéressant à étudier du point de vue de la recherche d'information, il décrit une réalité assez quotidienne et nous avons tous, à un moment ou un autre, fait de la zemblanité sans le savoir.
Le nouveau défi posé aux formateurs de la culture informationnelle sera donc celui-ci : comment aider les élèves et étudiants, dans leurs parcours de recherche, à éviter les terres arides et glacées de la zemblanité pour s'épanouir et s'ébattre dans les vertes prairies de la serendipité ?

AS

PS : merci à cette étudiante en Documentation de l'IUFM de Rennes, à qui je dois cette découverte « serendipitesque » ; un rapide sondage autour de moi m'a d'ailleurs permis de voir que mon ignorance était largement partagée : l'honneur est donc sauf ! ;)

Pleins textes à gogo

[brouillon de samedi matin... ] Ce matin à la lecture d'un article du nouvel obs intitulé "triche à gogo chez les étudiants" (obs N°2249, p108 ... ici pendant quelques temps) dans lequel les étudiants, les enseignants et l'université sont malmenés : les étudiants parce qu'ils pompent à gogo ( "80% des lycéens et des étudiants ont recours au plagiat"), les enseignants parce qu'ils n'ont pas renouvelés leurs modes d'enseignement et d'évaluation ("le cours académique face à des étudiants passif reste la règle comme au Moyen-Age") et les universités parce qu'elles ne mettent pas grand chose en place pour endiguer ce phénomène contrairement au US et à l'UE ( "en France la mobilisation reste lente et laborieuse..."). Bref tout l'article nous exhorte à ne plus jouer les autruches, à utiliser des plateformes comme Compilatio et à changer radicalement nos modes d'évaluation des connaissances sans quoi les amphis continueront à se vider et la triche à prospérer... avec cet extrait de dialogue d'un étudiant pour point final "Mais pourquoi on continuerait à venir, nos profs, ils sont moins bons que Google". L'encart en dessous de cet article enfonce le clou avec la valeurs des diplômes : "Fac : le laisser-aller des diplômes" (Michel Lussault VP de la CPU "si nous n'arrivons pas à sortir très vite de ce trou noir, nos diplômes ne seront plus crédibles !").

Enseignant à la fac, ma première réaction fut "n'importe quoi ces journalistes, faut toujours qu'ils caricaturent la réalité pour être plus percutants". Un peu plus tard ma seconde réaction fut "c'est pas faut ce qu'elle raconte la journaliste, depuis 5 ans (déjà !) j'ai pu observer un certain nombre de faits autour de moi qui corroborent ses propos". Puis encore plus tard j'ai accroché ce thème avec celui qui me trottait dans la tête depuis la veille à la lecture du post de Nicolas et du bout de discussion à ce sujet avec mon collègue MR : les faibles dépôts dans les AO institutionnelles...  après une petite digression vous comprendrez le rapport ;-)

Pas encore lu les textes de Hitchcock et Salo... mais quelques remarques en passant sur ce que relève Nicolas de ces textes
- pas certain que l'auto-archivage ne confère aucun prestige, il faudrait ici distinguer les disciplines, les aires linguistiques, le modes d'évaluation en vigueur dans les institutions, les instances d'évaluation, etc... sans évoquer tout ce qui peut et se mettra en place en terme d'évaluation de la Recherche (Citebase/Opcite, IRRA, .... d'autres indicateurs d'évaluation ou d'autres modes de calculs ...pas le temps de développer ici ... dans un autre billet peut-être)

- Le mandat obligatoire pourrait produire essentiellement l'insertion de ref biblio dans les plateformes... les institutions (notamment universitaires) devraient se préoccuper du plein texte et ce pour plusieurs raisons (non exhaustif):
    - mémoire scientifique (aspects patrimoniaux)
    - prestige de l'institution (aspects de communication)
    - diffusion publique de la recherche publique (notamment auprès des étudiants) (aspects citoyens, aspects financiers)
    - Proposer des nouveaux modes de circulation et de percolation des savoirs (modèles socio-cognitifs -> effet sur la recherche et la création de connaissances) (aspects décompartimentation de la science, data social web mining, ...)
    - Et puis (et là j'arrête la digression ;-)) la création de "copy/paste Killer"

Si le "mashup", l'agencement de sources requière des habiletés, qu'il faut reconnaître ... la juxtaposition de morceaux de textes sans citer leurs sources et sans les contextualiser par un raisonnement (même minimal) est pour le moins une opération douteuse pour un travail estudiantin. Un des moyens pour tenter de sortir de ce phénomène réside peut-être dans la mise en ligne massive des pleins textes... et la création d'outils adhoc (copy/paste killer) capables par exemple de fournir a posteriori l'environnement du document analysé (ce type d'outils pouvant bien entendu servir à beaucoup d'autres choses).

Vos commentaires sont attendus
GG

Traçabilité des parcours sur le web

Il y quelques temps déjà Nestor permettait de visualiser son parcours sur le web.... permettant ainsi de rendre compte du "schéma cognitif" de sa recherche d'information (intéressant aussi pour appréhender le parcours des autres) ... pb : le développement de Nestor s'est arrêté et surtout il ne fonctionne que sur IE... je viens de découvrir un excellent remplaçant Navicrawler, extension firefox,  il est donc multiplateforme et offre plus de fonctionnalités :

"... En l’installant, vous pourrez produire des graphes de l’ensemble des sites web sur lesquels vous aurez navigués, mais aussi classer ces sites et en faire des listes. Le Navicrawler collecte ces données pendant que vous naviguez et vous aide à faire le point sur votre exploration. Il produit des graphes comme format de données mais pour les visualiser, vous devrez utiliser un autre logiciel comme Guess ou Pajek.
Le Navicrawler est développé principalement pour les besoins de la recherche en sciences humaines et sociales dans le but de faciliter la collecte des données nécessaires à l’étude du web. Il a été conçu dans la perspective de permettre à des experts d’explorer le web, de le visualiser comme territoire, et de constituer des corpus utilisables pour leurs travaux.
"

Bref, je n'ai pas encore de recule sur cet outil qui demande quelques temps pour une bonne appropriation... mais il me semble bien intéressant.
GG

L'éducation du citoyen internaute

C'est le titre de la dernière livraison des Dossiers de l'Ingénierie éducative, la revue du CNDP ;  une nouvelle contribution très riche,  qui intéressera  également tous les acteurs de la maîtrise de l'information dans le supérieur.

Extraits de la présentation :
"Alors qu'Internet se banalise, son intégration dans l'enseignement suscite parfois des craintes, de nature opposée :

– les uns redoutent les blogs et les comportements addictifs des élèves ; ils souhaitent jouer la carte de la protection ;
– les autres craignent que la dimension éducative du Net soit confiée au périscolaire ; ils parlent plutôt apprentissage critique, imprégnation de la culture web, formation.
Considérant que l'éducation du citoyen internaute ne se réduit pas à l'éducation à Internet et que ce dernier peut être un levain de démocratie dans l'école et dans la société, Les Dossiers... se proposent de donner quelques outils aux enseignants :
– pour entrer aussi bien dans le B2i que dans le Web 2.0, pour maîtriser l'espace à la fois public et privé du en-ligne, pour s'initier aux pratiques collaboratives ;
– pour aider les élèves à connaître leurs droits et devoirs concernant la copie, les droits d'auteurs, les droits sur les images, à distinguer la nétiquette de la loi, à conquérir leur cybercitoyenneté ;

– pour ancrer ces questions dans les disciplines et les activités transversales."

AS

Expression visuelle

Pour faire simple, Mutabox est un site partage et montage vidéo en ligne. Vous pouvez mixer des séquences que vous avez "uploadées", ajouter du son, des commentaires... et rendre disponible votre montage. le site MUTABOX est le fruit d'un travail débuté dans le cadre d'un projet d'étudiants du Master « Création et Edition Numériques » de l'université de Paris 8... et défini par eux ainsi "MUTABOX permet de façon extrêmement simple la réinterprétation, la critique et le recyclage continu des images en ligne, dans un constant enrichissement sémantique basé sur la rencontre des subjectivités des Internautes « spectacteurs »".
GG
(via la liste Cytexte)

Stages 2008 de l'URFIST de Rennes

L'URFIST de Rennes a le plaisir de vous informer que son programme de stages Janvier à Juin 2008 est en ligne sur :
http://www.uhb.fr/urfist/stages.htm

Pour ce premier semestre 2008,  18 stages sont proposés, dont 3 stages nationaux (un stage national est ouvert également aux personnes hors des régions Bretagne-Pays de la Loire, dans la limite des places disponibles) et 7 stages entièrement nouveaux :

  • « Les outils de veille : panorama et évolutions », par Christophe Asselin, consultant en veille stratégique chez Digimind, créateur du site Intelligence-Center.com, et auteur du blog inFlux.  Ce stage fera le point sur les outils de veille, notamment à l'heure du web 2.0. (stage national)

  • « Modèles, outils et méthodes de bibliométrie », par Manuel Durand-Barthez, conservateur au SCD de l’Université Paul Sabatier (Toulouse 3). Du facteur d'impact de l'ISI aux nouveaux outils de scientométrie, où en sont les outils et les méthodes permettant d'évaluer les publications scientifiques ? (stage national)

  • « Organiser ses idées avec les cartes heuristiques (Mind Maps®) », par Denis Rebaud,  coanimateur du site http://www.petillant.com. Avant de présenter les outils dits de Mind mapping, ce stage exposera les méthodes et les fonctions des cartes heuristiques, dont l'efficacité n'est plus à démontrer pour la mobilisation et l'organisation des idées. (stage national)

  • « Approfondissement des moteurs de recherche : sortir de Google », et
    « Approfondissement des moteurs de recherche : explorer Google » : ces deux stages, animés par les responsables de l'URFIST de Rennes, visent à la fois à échapper à la « googlisation » de la recherche d'information et à mieux connaître et utiliser le premier des moteurs.

Enfin, deux stages réservés aux personnels des SCD de Bretagne-Pays de la Loire :

- « La mise en ligne des thèses : techniques et méthodologie », animé par Philippe Lévy, de la société SixetDix ; 
- « Le référencement des documents pédagogiques », par Rosa Maria Gomez de Regil, ingénieur documentaire au CNDP.

Le programme complet est ici, et les conditions d'accès sont là. Nous rappelons que les stages sont gratuits pour les personnels de l'Education Nationale et les étudiants et que les inscriptions se font en ligne, sur l'application SYGEFOR : http://www.uhb.fr/urfist/sygefor/ 

L'équipe de l'URFIST.

 

Visualisation collective

Un outil très innovant et intéressant à signaler, à la fois réseau social, outil de text mining et de visualisation de données : il s'agit de Many Eyes, développé par IBM (eh oui, il n'y a pas que les start-up du web 2.0 capables d'innovation et Big Blue peut encore nous étonner !).

En simple consultation (choix : Visualizations), il donne à voir déjà d'innombrables représentations de toutes sortes de données, sur tous les sujets possibles : le nombre d'élus aux Etats-Unis, l'utilisation des chemins de fer en Europe, un graphique sur le nombre d'abonnés au téléphone mobile en Amérique du Sud, ou l'analyse, sous forme de nuage de tags, du numéro 50-51 de la revue Esquisse sur la maîtrise de l'information, réalisée par votre serviteur.
Donc une source très riche d'informations et de visualisations de données.

En mode « actif », le principe est assez simple et les trois étapes sont bien décrites par le site : chargement des données, choix de la visualisation, paramétrage de la visualisation.
Petit récapitulatif :   

  • il faut s'enregistrer chez IBM ;

  • une fois enregistré sur la plate-forme, il faut charger, par simple copier-coller, n'importe quel type de données : chiffres, textes, cartes... Choix Upload dataset (on peut copier-coller un texte comme un ensemble d'articles, ce que j'ai fait pour la revue Esquisse) ;

  • décrire les données et leur source ;

  • décider d'un mode de visualisation : pour les textes, deux possibilités seulement : le nuage de tags ou l'arborescence de mots (le « word tree ») ; voir l'exemple sur la culture informationnelle

  • En revanche, pour les données numériques, beaucoup de modes de visualisations possibles.

  • décider ensuite si on rend ses données publiques ou non : bouton Publish (mais sans Perish ;) )

Il y a beaucoup d'autres possibilités mais je n'ai pas tout exploré...
Un petit regret : l'impossibilité (à moins que j'ai mal cherché) de télécharger ses données (ou celles des autres) et leur visualisation : Many Eyes est vraiment un outil collaboratif en ligne et on ne peut rien garder pour soi... ;)

En bref, Many Eyes est une « mine visuelle », qui donne à voir la multiplicité des  regards sur le monde, et à ce titre, il serait à l'opposé du célèbre panoptique de Bentham (et analysé par Foucault).
Plus concrètement, il peut être aussi un outil de recherche intéressant, donnant à voir des « visualisations » inattendues sur des corpus de textes et de données.

AS

 

Inside the maze

Tout le web2.0 sous forme d'imagettes: Go2Web20.net - The complete Web 2.0 directory.
Au survole des imagettes une courte description du service apparaît... ne manquez pas le petit onglet violet en base à gauche pour faire défiler les sites. Possibilité de recherche par tag, de trier par date ou par nom (en haut à droite) ... peut être de quoi sortir du Labyrinthe.
GG

Des revues, des images... et quoi d'autres

Pour suivre le billet de Michel, un petit point "nouveautés" sur ZOTERO
- compatibilité avec Plos , pour intégration des refs biblios (30/11)
- capture automatique de photos sur flickr (16/11)
- un nouveau screencast pour "apprendre" la relation Zotero/word (13/11)
- intégration possible dans le navigateur Flock (22/10)

... à suivre sur le blog de ZOTERO
GG