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« avril 2008 | Accueil | juin 2008 »

Digital natives et (in)-compétences informationnelles

Recherche d’information : 7,67 sur 20 !
C’est la note moyenne en recherche d’information, établie pour les 1865 étudiants belges ayant répondu à l’importante l’enquête menée par le Groupe Edudoc et le Conseil Inter-Universitaire Francophone (CIUF). Les résultats de cette nouvelle enquête sur « L’évaluation des compétences documentaires des primo-arrivants », menée auprès de 35 établissements d’enseignement supérieur de Belgique, ont été présentés lors de la journée d’étude du 20 mai.
On trouvera un premier écho des résultats sur le blog Enseignons.be, qui les résume ainsi : « Les jeunes incapables de s’informer sur le Net ».

Conclusion certes brutale, mais qui ne surprendra nullement les formateurs en maîtrise de l’information, qui constatent tous les jours que familiarisation technique sur internet n’égale pas, comme par miracle, compétence informationnelle.

En revanche, étonnés par les compétences techniques des « digital natives » (pourtant loin d’être aussi développées), de nombreux enseignants et responsables éducatifs (du secondaire comme du supérieur) font encore l’impasse sur les compétences informationnelles, persuadés que les élèves et les étudiants savent désormais chercher seuls l’information, à partir du moment où ils interrogent le couple Google-Wikipedia. Cette enquête est donc une nouvelle pierre dans le jardin de ce que j’appelle « l’illusion spontanéiste », consistant à croire que les étudiants seraient spontanément acculturés à Internet, à la recherche et à l’évaluation de l’information, et qu’il n’y a donc aucun besoin de formation documentaire systématique. Illusion toujours très répandue sur les campus !

 
La faiblesse des compétences informationnelles ne concerne pas que les étudiants de 1ère année, visés par l’enquête du CIUF. Elle se constate aussi, évidemment sous d’autres formes, chez les doctorants, comme le montre l’enquête que les SCD de Bretagne et l’URFIST de Rennes ont menée sur les besoins de formation des doctorants à l’information scientifique.

Nous en présenterons bientôt tous les résultats, en cours d’analyse et de synthèse. D’ores et déjà, ils montrent clairement que la « googlisation » est également à l’œuvre en doctorat : les moteurs de recherche sont devenus les principales et premières ressources utilisées pour la recherche d’information (par 96 % des doctorants), et parmi les moteurs, Google est bien sûr largement en tête (à 60 %). Quant aux ressources documentaires traditionnelles (catalogues, bases de données) ou nouvelles (archives ouvertes, blogs), elles sont très largement sous-utilisées, voire purement ignorées et méconnues d’une grande majorité de doctorants.

 Cette enquête, portant sur un échantillon de 519 réponses (sur un total de 2218 doctorants), confirme donc également que la formation à la maîtrise de l’information, notamment de l’information scientifique en doctorat, reste plus que jamais une nécessité.

Et nous ne pouvons qu’appuyer la démarche des responsables d’Edudoc, Paul Thirion et Bernard Pochet, quand ils déclarent : « Nous plaiderons pour le renforcement des cours de recherche documentaire dans l’enseignement supérieur alors que nous ne sommes pas sûrs, actuellement, qu’ils soient maintenus. Nous souhaitons la généralisation des formations à la recherche documentaire dans l’enseignement secondaire. » (cf blog Enseignons.be)

 
Les deux enquêtes seront présentées en détail lors des prochaines Rencontres Formist. .

 
AS

SPARC Open Access Newsletter en mai

Toujours aussi riche, cette newsletter mensuelle est décidément la “Bible » de l’OA. Voici quelques points retenus de cette livraison du mois de mai (n°121) dans laquelle Peter Suber 

  • annonce l’ouverture avec Robin Peek de l’Open Access Directory (OAD)  dont le but est de rassembler et de permettre la mise à jour collective des informations sur le libre accès. Il se base sur du matériel de veille et des listes d’informations factuelles rassemblés par Peter Suber depuis plusieurs années.
  • liste un (grand) nombre de questions à résoudre à propos du libre-accès (à propos de l’accès, les modèles économiques des revues et des ouvrages, les logiciels, les attitudes et pratiques des chercheurs, les universités, les agences de financement). Cette liste est déposée parmi d’autres (et notamment une liste des recherches en cours) sur l’OAD.
  • liste les récentes politiques d’obligation de dépôt en libre accès adoptées par des institutions
  • reprend l’annonce du lancement du programme de labellisation des journaux en libre accès (« Seal for Open Access journals program ») par SPARC Europe et le DOAJ
  • et celle de la parution en avril dernier du livre blanc par SPARC et The Science Commons : “Open doors and open minds:  What faculty authors can do to ensure open access to their work ».
  • liste quelques récentes décisions prises par des éditeurs scientifiques qui indiquent que ceux-ci  sont en train d’intégrer une autre manière de voir et de gérer la propriété intellectuelle des articles scientifiques  (Rockefeller University Press, BioOne, Taylor & Francis). 
  • montre que le projet SCOAP3  continue sa progression.
  • donne des informations sur de nouvelles archives (comme Hprints,  the Nordic arts and humanities e-print archive, hébergée sur HAL, et qui a été officiellement ouverte en avril dernier).

AM

Agenda de la culture informationnelle

Je profite de l'annonce des Rencontres Formist pour signaler que l'URFIST de Rennes tient à jour (du moins essaie !) un Agenda de la culture informationnelle, recensant tous les événements  marquants du domaine.  C'est ici.   
Vous y verrez notamment que ce printemps 2008 témoigne de la vivacité de ce champ en pleine expansion.

AS

Rencontres FORMIST 2008

Les 8èmes Rencontres FORMIST auront lieu le jeudi 19 juin, dans les locaux de l'ENSSIB à Villeurbanne.
Au menu de  cette année : "Formation à l’information : réalisations et acteurs, où en sommes-nous ?"

Après 10 ans de bouleversements tous azimuts, aussi bien dans le domaine des technologies  et des usages de l'information que dans le paysage universitaire, il est temps  de faire le point sur les formations à "l'information literacy".
Le programme de la journée est en ligne sur le site de Formist.

Plein succès à ce 8ème rendez-vous annuel de la maîtrise de l'information francophone !

AS



Tarik Krim sur France-Culture

Si vous voulez comprendre le modèle économique de Netvibes,  qui réunit déjà plus de 10 millions d'utilisateurs !, la philosophie originale qui l'inspire (exploiter au mieux la personnalisation,  tendance lourde du web et de nos sociétés, en donnant vraiment la main à l'utilisateur), connaître les réflexions avisées d'un acteur majeur du web 2.0 sur l'évolution de celui-ci ou sur la tentative de fusion Microsoft-Yahoo.., il faut vite écouter l'interview de Tarik Krim, créateur de Netvibes, interview donnée ce matin sur France-Culture dans l'émission Masse critique. C'est ici.

AS

Sous les pavés les images

En partenariat avec Libération, l'INA a ouvert un site d'archives télévisuelles : Mai 68, la révolution en images
Plus de 1 000 documents vidéo, 80 heures de visionnage gratuit, des dossiers, des interviews, des archives sonores, des images assez rares  sur le "joli mois de mai" et pas seulement à Paris.   ;)
Une véritable mine !

AS

Transmission ou corruption de savoirs ?

Number1Academy.com : une nouvelle illustration de la marchandisation des savoirs et du consumérisme scolaire, qui se répand aujourd’hui sur Internet.  Avant de détailler ces motifs d’accusation, il faut décrire brièvement le fonctionnement de ce site, découvert par la newsletter du Monde du 1er mai. Le mieux est de citer directement ces nouveaux maîtres de la « transmission des savoirs » (sic !) (voir la rubrique « Comment ça marche ») : 

Le site s’adresse  exclusivement aux adolescents, de tous pays et leur propose  des "concours éducatifs" :   « Les concours sont ouverts à toutes les personnes âgées de 14 à 17 ans inclus au moment de leur participation quelque que soit leur pays de résidence. » « Il propose de faire gagner de l’argent aux gagnants de ses concours. Nos concours se veulent éducatifs, c'est-à-dire visant la transmission de savoirs (on appréciera ici le lien vers Wikipedia, qui donne curieusement la  définition des… compétences, ce qui n’est pas tout à fait la même chose !) ou de savoir-faire. Le contenu posté par les participants doit également être éducatif. Il existe 2 types de concours sur Number1Academy :
Le concours principal : son thème change toutes les semaines. Chaque semaine le premier du classement reçoit $100, le deuxième $50 et le troisième $25.
Le concours secondaire : il a chaque semaine le même thème « Déterminer le meilleur sujet pour le concours principal de la semaine suivante ». Chaque semaine, seul le premier du classement est récompensé et reçoit $100
. » (c’est nous qui soulignons en gras)

 A partir de cette règle simple, de ces bonnes intentions et de cette « carotte » bien lucrative (annoncée en dollars mais payée en euros : au cours actuel du billet vert, les gains restent donc modestes !), il s’agit donc de mobiliser l’attention, les idées et les compétences rédactionnelles des collégiens et lycéens, pour les faire réfléchir à des sujets de « concours » aussi vastes et complexes que : « comment rendre le système éducatif français plus intéressant ? » ( !), « qu’est-ce qui différencie, selon vous, l’homme des autres espèces animales » ou encore « Propose la meilleure solution écolo pour sauver la planète ». Rien de moins !
 

 

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