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Publication scientifique, langue française et libre accès

Une pétition, adressée aux responsables de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES), a été lancée récemment autour d’une question forte : "Les scientifiques doivent-ils continuer à écrire en français ?". On peut voir le texte et signer la pétition sur http://petition.hermespublishing.com/

Cette pétition, qui concerne évidemment tous les chercheurs et enseignants-chercheurs, a déjà obtenu un vif succès, puisqu’elle a recueilli à ce jour plus de 8300 signatures.
Lancée à l'initiative de plusieurs directeurs de collections de Hermes-Lavoisier, la pétition est soutenue directement par cet éditeur. Ce qui a fait réagir Thierry Chanier, enseignant-chercheur de l’Université de Franche-Comté, dont l’engagement pour les archives ouvertes est bien connu (cf notamment son livre « Archives ouvertes et publication scientifique. Comment mettre en place l'accès libre aux résultats de la recherche ? », disponible intégralement sur ArchiveSic).

Dans un message diffusé sur la liste de diffusion américaine « American-scientist-open-access-forum », il s’en prend assez vivement à cette pétition et à la politique de Hermès en matière de libre accès. Un échange de mels entre Hermès et lui est d’ailleurs publié dans son message (attention : ces messages en français figurent après la version anglaise du premier message).

Au-delà du ton polémique et de la charge contre Hermès, les questions soulevées par Thierry Chanier sont particulièrement intéressantes et pertinentes et, même si elles ne sont pas nouvelles, elles ont le mérite d’alimenter un débat loin d’être tranché dans la communauté des chercheurs. Par exemple :

- Quid de la prise en compte des revues électroniques en libre accès dans l’évaluation des chercheurs ?

- S’il faut bien sûr défendre le français comme langue de publication, ne faut-il pas aussi publier en anglais (dans la mesure du possible) ? « Le fait de publier en anglais ET en français est une excellente façon de faire connaître notre recherche, toute notre recherche. Tout comme celui d'organiser des conférences internationales représentatives » ;

Pourquoi ne pas chercher à développer de nouveaux critères d’évaluation, plus qualitatifs ? « Au vu des développement des modes de publication scientifiques et, particulièrement, de l'accessibilité des articles scientifiques grâce aux archives ouvertes, il est possible d'imaginer de nouveaux critères d'évaluation qui vont bien au delà d'un simple comptage des publis et de leur reconnaissance par nos CNU. »

(sur cette question des modalités d’évaluation de la recherche, voir plusieurs billets d’Olivier sur Affordance, notamment Revue par les impairs, ou la Journée d’étude des URFIST de janvier 2007) .
 

En bref, autant de questions méritant de véritables débats collectifs…

 AS

J'en profite d'ailleurs pour signaler la conférence de présentation de HAL par Daniel Charnay, mardi 11 mars à Rennes.  Toutes les informations ici

Des archives ouvertes par milliers

Vu sur EchosDoc, "le portail des spécialistes I & D" (excellente source à mettre dans ses fils RSS...) :

" "OpenDOAR" est un répertoire de dépots institutionnels d'Archives ouvertes académiques, doté aussi de fonctions de recherche. Il a recemment répertorié sa 1000 archive."

AS

Archives ouvertes : un autre grand pas de plus

Pour faire suite au précédent billet, cette information très importante pour le mouvement du Libre accès, reçue par la Dépêche du GFII, n° 927 :
« Le Conseil Compétitivité (marché intérieur, industrie et recherche) qui a réuni à Bruxelles les 22 et 23 novembre 2007 les ministres concernés des 25 Etats membres a adopté un relevé de conclusions qui représente une avancée certaine par rapport à la communication de la Commission du 14 février 2007 sur "l'information scientifique à l'ère numérique: accès, diffusion et préservation".

Le rapport du Conseil des ministres est accessible ici et,  dans la partie qui nous intéresse,    « L'INFORMATION SCIENTIFIQUE à L'ère numérique - Conclusions du Conseil », p. 37-43, on lit notamment ceci (p. 38) :

« Le Conseil :

2) CONSTATE :
que les initiatives actuellement menées pour élaborer des modèles durables de libre accès par l'information scientifique revêtent une importance stratégique pour le développement scientifique de l'Europe;


3) SOULIGNE

qu'il convient de garantir un accès rapide et étendu aux résultats de la recherche financée par les pouvoirs publics;
que les états membres ont vivement intérêt à disposer d'un système d'information
scientifique efficace
qui tire le plus grand parti possible des incidences socioéconomiques des investissements publics consentis en faveur de la recherche et du développement technologique;

qu'il importe que les résultats scientifiques de la recherche financée par les pouvoirs publics soient accessibles gratuitement au lecteur sur l'Internet, dans des conditions
économiquement viables, y compris par le biais d'un libre accès différé ; »

(c'est moi qui souligne)

 

Après la Chambre des représentants et le Sénat des Etats-Unis, l'ANR française, voici donc rien moins que le Conseil des ministres européen qui vient de faire faire un nouveau pas (de géant ?) au mouvement pour le Libre Accès.

AS

 

SPARC Open Access Newsletter en novembre

Peter Suber vient de diffuser sa dernière lettre d'information sur le libre accès, document comme toujours particulièrement riche dont on ne peut que recommander la lecture, et pour lequel je retiens quatre informations :  

Lire la suite "SPARC Open Access Newsletter en novembre" »

EurOpenScholarship

EurOpenScholarship est née jeudi 18 octobre lors d'une réunion à l'Université de Liège (rassemblant des recteurs d'universités européennes, des directeurs d'instituts ou de laboratoires et une  représentante de la Commission Européenne). Son but sera de poursuivre l’action en faveur du libre accès par l’information des possibilités offertes aujourd’hui aux chercheurs et l’établissement, dans les universités et centres de recherche européens, d’un dépôt électronique institutionnel.
Un pas de plus vers la prise en main institutionnelle du mouvement du libre accès...

AM

Le droit aux images et la publication scientifique

On trouvera sur le blog : "Actualités de la recherche en histoire visuelle" un compte rendu de la réunion-débat  :  "Le droit aux images et la publication scientifique" qui s'est déroulée le 7 juin 2007 à l'INHA (Institut national d'histoire de l'art)

Un extrait de la présentation de cette réunion débat :
La loi française sur les Droits d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information (DADVSI) a interprété dans un sens restrictif la directive européenne, le débat s’étant focalisé sur le téléchargement de fichiers audio et vidéo. Elle a ainsi limité l’accès aux reproductions d’œuvres d’art du domaine public et aux images, que ce soit dans le cadre de l’enseignement ou d’une publication scientifique, alors qu’au même moment, différents grands musées des pays anglo-saxons « ouvrent » leurs fonds et que l’Allemagne continue de proposer un accès plus large aux images.
Cette réunion, permettant la rencontre de spécialistes de ce sujet à différents points de vue, voudrait être une occasion d’information, de mise au point et de discussion, en donnant aussi la parole aux personnes présentes dans la salle afin d’enrichir les débats.
Réunion-débat organisée par les revues de l’INHA (Etudes Photographiques, Histoire de l’art, Perspective, Revue de l’art.

La page de présentation de la réunion débat est ici

FM
 

Pour ne pas payer deux fois

Oxford University Press propose une formule intéressante aux auteurs de son Journal of Experimental Botany : à compter du 1er avril 2007, la publication en libre accès dans cette revue sera sans coût supplémentaire aux auteurs membres d'une institution ayant déjà un abonnement à la revue. Une initiative qui allège le poids économique de la transition lecteur / auteur-payeur et qui donne une nouvelle occasion de collaboration entre les bibliothèques et les chercheurs.  Existe-t-il d'autres formules de ce type ailleurs ?

Lire la suite "Pour ne pas payer deux fois" »

Berlin en Italie

Rappel : Berlin 5 Open Access,  "From Practice to Impact: Consequences of Knowledge Dissemination" , September 19 - 21, 2007.

Les objectifs de cette 5e édition :
- maintenir l’enthousiasme de tous ceux engagés dans ce mouvement;
- faire le point sur les outils qui permettent le Libre accès aux données scientifiques et à la diffusion du patrimoine culturel;
- promouvoir les stratégies efficaces qui peuvent contribuer à la construction et à la mise en oeuvre de ce nouveau paradigme de communication scientifique.

Le programme

GG

L'OCDE pour le libre accès

Qui a dit : « La recherche scientifique au service de l’innovation est essentielle pour relever les défis qui se posent à l’échelle mondiale, qu’il s’agisse des soins de santé et du changement climatique, de l’énergie renouvelable ou de la gestion des ressources naturelles. Pour en accroître le rythme et l’intensité, il importe de promouvoir des échanges collaboratifs entre les différentes communautés et d’assurer la diffusion la plus large possible de ses résultats. L’échange des idées, des connaissances et des données qui se font jour est fondamental pour le progrès de l’humanité. »

Et plus loin : « l’accès aux données de la recherche accroît le retour sur l’investissement public dans ce domaine, il renforce la liberté de l’investigation scientifique, il encourage la diversité des études et opinions, il favorise de nouveaux domaines d’activité et permet l’exploration de thèmes qui n’avaient pas été envisagés par les chercheurs d’origine. »

C'est l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), dans un rapport récemment publié, et intitulé « Principes et lignes directrices de l'OCDE pour l'accès aux données de la recherche financée sur fonds publics », rapport disponible (en français) ici, et qui intéressera  tous les acteurs du Libre Accès.

AS

PS : merci à Simon Le Bayon pour l'information.

   

Lire la suite "L'OCDE pour le libre accès" »

Libre, vous avez dit libre ?

On pourrait aussi donner comme titre à ce billet : "Les éditeurs contre-attaquent". Il y avait déjà eu la déclaration de Bruxelles lors d'une conférence de la Commission européenne ("La publication scientifique dans l’Espace européen de la recherche", 15-16 février 2007, Bruxelles).  Cette déclaration rappelait l'importance de la valeur ajoutée du travail des éditeurs scientifiques, l'intérêt réciproque du "copyright" pour les éditeurs ET les auteurs et pointait du doigt les risques d'un "accès ouvert"pour l'économie de l'édition scientifique (et donc pour le travail de validation des articles effectué par les revues...) .

Trois associations internationales d'éditeurs scientifiques viennent de produire un nouveau document (eng.) indiquant leur volonté ferme de protéger le copyright tel qu'il est pratiqué actuellement et notamment la cession exclusive des droits d'auteurs à l'éditeur. Cette position vise directement les récentes politiques d'organismes financeurs de la recherche cherchant à inciter, voire obliger pour certains, les chercheurs à déposer leurs articles dans des archives ouvertes institutionnelles.  Selon les éditeurs scientifiques, le copyright protège les intérêts des éditeurs ET DONC ceux des auteurs. S'ils ne s'opposent pas à un dépôt en vue d'usages institutionnels internes, ils s'opposent clairement à la possibilité de partage des droits d'auteurs que réclament ces institutions afin de permettre le dépôt des articles en libre accès.

AM