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Culture numérique versus culture scolaire

A signaler :
un rapport de recherche réalisé par Christine Dioni, chercheuse à l'INRP,  sur les pratiques et les représentations  d'internet des adolescents et des enseignants et le fossé (qui se creuse) entre la culture numérique des "digital natives" et la culture scolaire.
Le rapport s'intitule « Métier d’élève, métier d’enseignant à l’ère du numérique », et il est disponible sur l'archive ouverte EduTice ici-même

AS

Zemblanité vs serendipité

On connaissait la serendipité (voir notamment cet ancien billet), terme littéraire forgé par l'écrivain anglais du 18ème siècle Walpole, à partir de l'île imaginaire de Serendip : on connait moins la zemblanité, terme également d'origine littéraire, forgé par un autre écrivain anglais, mais contemporain, William Boyd, dans son roman Armadillo, paru en 1999.

Il faut saluer (même à retardement !) le talent littéraire et conceptuel de Boyd, qui a réussi à forger un nouveau terme et un nouveau concept, doublement symétrique par rapport à la serendipité : si celle-ci est, selon les définitions courantes (listées ici), « l'art de faire des trouvailles » (Pek Van Andel), « l'art de faire des découvertes heureuses, inattendues et utiles par hasard » (Mark Raison), etc.,  la zemblanité est son exact contraire, puisqu'elle désigne  « la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n’apportant rien de nouveau » ("the faculty of making unhappy, unlucky and expected discoveries by design") (voir le blog d'Automates Intelligents).

Cette opposition de sens s'incarne dans une symétrie géographique parfaite, puisque William Boyd est allé aux antipodes de Ceylan (considérée comme l'île du roi de Serendip) trouver la Nouvelle Zemble, grande île quasi-désertique au nord de la Sibérie, pour en faire la racine de son néologisme.
Serions-nous là face à une nouvelle fracture Nord-Sud, assez inattendue ?   ;)

En tout cas, les ressources de la géographie sont inépuisables pour forger de nouveaux concepts et il faudrait continuer sur cette voie : pourquoi pas, par exemple, créer la « micronésité » (de l'archipel de Micronésie), pour désigner l'éparpillement et la dispersion des parcours sur le web ?

Si le concept de zemblanité est intéressant à étudier du point de vue de la recherche d'information, il décrit une réalité assez quotidienne et nous avons tous, à un moment ou un autre, fait de la zemblanité sans le savoir.
Le nouveau défi posé aux formateurs de la culture informationnelle sera donc celui-ci : comment aider les élèves et étudiants, dans leurs parcours de recherche, à éviter les terres arides et glacées de la zemblanité pour s'épanouir et s'ébattre dans les vertes prairies de la serendipité ?

AS

PS : merci à cette étudiante en Documentation de l'IUFM de Rennes, à qui je dois cette découverte « serendipitesque » ; un rapide sondage autour de moi m'a d'ailleurs permis de voir que mon ignorance était largement partagée : l'honneur est donc sauf ! ;)

Visualisation collective

Un outil très innovant et intéressant à signaler, à la fois réseau social, outil de text mining et de visualisation de données : il s'agit de Many Eyes, développé par IBM (eh oui, il n'y a pas que les start-up du web 2.0 capables d'innovation et Big Blue peut encore nous étonner !).

En simple consultation (choix : Visualizations), il donne à voir déjà d'innombrables représentations de toutes sortes de données, sur tous les sujets possibles : le nombre d'élus aux Etats-Unis, l'utilisation des chemins de fer en Europe, un graphique sur le nombre d'abonnés au téléphone mobile en Amérique du Sud, ou l'analyse, sous forme de nuage de tags, du numéro 50-51 de la revue Esquisse sur la maîtrise de l'information, réalisée par votre serviteur.
Donc une source très riche d'informations et de visualisations de données.

En mode « actif », le principe est assez simple et les trois étapes sont bien décrites par le site : chargement des données, choix de la visualisation, paramétrage de la visualisation.
Petit récapitulatif :   

  • il faut s'enregistrer chez IBM ;

  • une fois enregistré sur la plate-forme, il faut charger, par simple copier-coller, n'importe quel type de données : chiffres, textes, cartes... Choix Upload dataset (on peut copier-coller un texte comme un ensemble d'articles, ce que j'ai fait pour la revue Esquisse) ;

  • décrire les données et leur source ;

  • décider d'un mode de visualisation : pour les textes, deux possibilités seulement : le nuage de tags ou l'arborescence de mots (le « word tree ») ; voir l'exemple sur la culture informationnelle

  • En revanche, pour les données numériques, beaucoup de modes de visualisations possibles.

  • décider ensuite si on rend ses données publiques ou non : bouton Publish (mais sans Perish ;) )

Il y a beaucoup d'autres possibilités mais je n'ai pas tout exploré...
Un petit regret : l'impossibilité (à moins que j'ai mal cherché) de télécharger ses données (ou celles des autres) et leur visualisation : Many Eyes est vraiment un outil collaboratif en ligne et on ne peut rien garder pour soi... ;)

En bref, Many Eyes est une « mine visuelle », qui donne à voir la multiplicité des  regards sur le monde, et à ce titre, il serait à l'opposé du célèbre panoptique de Bentham (et analysé par Foucault).
Plus concrètement, il peut être aussi un outil de recherche intéressant, donnant à voir des « visualisations » inattendues sur des corpus de textes et de données.

AS

 

Inside the maze

Tout le web2.0 sous forme d'imagettes: Go2Web20.net - The complete Web 2.0 directory.
Au survole des imagettes une courte description du service apparaît... ne manquez pas le petit onglet violet en base à gauche pour faire défiler les sites. Possibilité de recherche par tag, de trier par date ou par nom (en haut à droite) ... peut être de quoi sortir du Labyrinthe.
GG

« Et in Arcadia ego » : Vers une culture de l’information et de la communication

Olivier Le Deuff,

Doctorant,  membre du CERSIC-ERELLIF, Université Rennes 2

Du web 2.0 à l’Arcadie

Nous souhaitons évoquer ici quelques pistes liées notamment à notre travail de thèse et que nous développerons au cours de l’année soit sur notre site personnel soit dans des publications à venir. Parler de culture de l’information et de la communication peut paraitre évident du fait de l’habitude d’adjoindre ensemble les deux termes comme dans le cas des SIC et des TIC, mais il nous semble que désormais plaider pour une culture de l’information ne suffit plus. En effet, alors que nous avons sans cesse parlé de web 2.0 et de personnalisation de l’information, il nous faut constater que l’étape suivante vient d’être franchie et peut-être même depuis longtemps par les « digital natives » adeptes du téléphone portable et des messageries instantanées. Nous sommes désormais confrontés  à ce que certains nomment le web 3.0, une phase où les technologies visent surtout à la communication, notamment  de type phatique. Nous en tenons pour exemple la progression notable du « micro-blogging » comme les solutions Twitter et Jaiku qui permettent d’afficher, avec inclusion possible sur son blog, notamment ses dernières activités voire le lieu où l’individu se trouve s’il a synchronisé son téléphone portable avec le système.

Nous pouvons d’ailleurs nous interroger sur le terme de web 3.0, tant il ne s’agit plus du web mais d’immersion  totale, bref une Arcadie : une utopie globale dans laquelle nous sommes connectés en permanence. Et in Arcadia Ego, parce que pour vous comme pour moi, il devient difficile d’y échapper.

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Comment les chercheurs en SHS cherchent-ils...

...l'information ?
Ce n'est pas un exercice de diction (encore que...), mais le sujet d'une étude réalisée par des chercheurs britanniques à propos des pratiques et des besoins de chercheurs en sciences humaines : RePAH: A User Requirements Analysis for Portals in the Arts and Humanities.

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