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Tarik Krim sur France-Culture

Si vous voulez comprendre le modèle économique de Netvibes,  qui réunit déjà plus de 10 millions d'utilisateurs !, la philosophie originale qui l'inspire (exploiter au mieux la personnalisation,  tendance lourde du web et de nos sociétés, en donnant vraiment la main à l'utilisateur), connaître les réflexions avisées d'un acteur majeur du web 2.0 sur l'évolution de celui-ci ou sur la tentative de fusion Microsoft-Yahoo.., il faut vite écouter l'interview de Tarik Krim, créateur de Netvibes, interview donnée ce matin sur France-Culture dans l'émission Masse critique. C'est ici.

AS

Transmission ou corruption de savoirs ?

Number1Academy.com : une nouvelle illustration de la marchandisation des savoirs et du consumérisme scolaire, qui se répand aujourd’hui sur Internet.  Avant de détailler ces motifs d’accusation, il faut décrire brièvement le fonctionnement de ce site, découvert par la newsletter du Monde du 1er mai. Le mieux est de citer directement ces nouveaux maîtres de la « transmission des savoirs » (sic !) (voir la rubrique « Comment ça marche ») : 

Le site s’adresse  exclusivement aux adolescents, de tous pays et leur propose  des "concours éducatifs" :   « Les concours sont ouverts à toutes les personnes âgées de 14 à 17 ans inclus au moment de leur participation quelque que soit leur pays de résidence. » « Il propose de faire gagner de l’argent aux gagnants de ses concours. Nos concours se veulent éducatifs, c'est-à-dire visant la transmission de savoirs (on appréciera ici le lien vers Wikipedia, qui donne curieusement la  définition des… compétences, ce qui n’est pas tout à fait la même chose !) ou de savoir-faire. Le contenu posté par les participants doit également être éducatif. Il existe 2 types de concours sur Number1Academy :
Le concours principal : son thème change toutes les semaines. Chaque semaine le premier du classement reçoit $100, le deuxième $50 et le troisième $25.
Le concours secondaire : il a chaque semaine le même thème « Déterminer le meilleur sujet pour le concours principal de la semaine suivante ». Chaque semaine, seul le premier du classement est récompensé et reçoit $100
. » (c’est nous qui soulignons en gras)

 A partir de cette règle simple, de ces bonnes intentions et de cette « carotte » bien lucrative (annoncée en dollars mais payée en euros : au cours actuel du billet vert, les gains restent donc modestes !), il s’agit donc de mobiliser l’attention, les idées et les compétences rédactionnelles des collégiens et lycéens, pour les faire réfléchir à des sujets de « concours » aussi vastes et complexes que : « comment rendre le système éducatif français plus intéressant ? » ( !), « qu’est-ce qui différencie, selon vous, l’homme des autres espèces animales » ou encore « Propose la meilleure solution écolo pour sauver la planète ». Rien de moins !
 

 

Lire la suite "Transmission ou corruption de savoirs ?" »

Culture numérique versus culture scolaire

A signaler :
un rapport de recherche réalisé par Christine Dioni, chercheuse à l'INRP,  sur les pratiques et les représentations  d'internet des adolescents et des enseignants et le fossé (qui se creuse) entre la culture numérique des "digital natives" et la culture scolaire.
Le rapport s'intitule « Métier d’élève, métier d’enseignant à l’ère du numérique », et il est disponible sur l'archive ouverte EduTice ici-même

AS

Internet et démocratie

A signaler :
un texte très intéressant de Patrice Flichy, "Internet, un outil de la démocratie ?", disponible sur La Vie des idées.fr
Une synthèse de nombreux travaux sur la question, particulièrement complexe, des rapports entre le "réseau des réseaux" et le débat démocratique.

AS

Quand le support change...

A voir absolument, pour une rentrée dans la bonne humeur (on en aura besoin...), ce petit film repéré dans le nouveau et excellent blog Couv.ill.en coul. :  "Formation de base en Sciences de l'information"
Il pourrait illustrer aussi bien les cours sur l'histoire des supports que les doctes conférences sur la "fracture numérique"... !

AS

Salon i-expo. Paris, 13 et 14 juin 2007

La conférence sur les abonnements électroniques avait pour objectif de faire un état des lieux concernant les différents interlocuteurs et les relations qu'ils entretiennent: éditeurs, bibliothèques, consortia, diffuseurs... Un vade-mecum a été élaboré par l'ADBS, l'ADBU,le GFII, la Presse spécialisée et SNIEL (me contacter pour information)
La conférence sur les projets d'archives ouvertes a permis une mise au point sur les stratégies européennes concernant l'information scientifique -débats où la France est peu présente-, sur les différences de motivation des auteurs selon leur domaine, sur les stratégies fluctuentes des éditeurs par rapport à  la période d'embargo  concernant la publication libre,  ainsi que sur l'évolution en cours des méthodes d'évaluation des articles...
Quant à l'exposition elle-même, la tendance se confirme d'une diminution du nombre des exposants, déjà constatée à Online à Londres.
EL
 

Sur la firme qui ne veut que notre bien

Trois nouvelles toutes fraîches, recueillies aujourd'hui, sur Google, la Grande Firme du Bien Informationnel mondial :

  • une nouvelle performance technique : la « Recherche universelle »,  très bien analysée par Olivier comme une nouvelle étape de l'évolution de Google vers le « supermarché mondial » de l'information ;  une seule requête (sur Google USA) et vous avez à la fois les sites web, les news, les vidéos, les livres, etc. « Toute la culture à portée de clic » ? Voire ! En tout cas, toutes les données informationnelles sous la main, certainement... Comme Olivier, je reste assez sceptique sur le progrès apporté... Pour en savoir plus, voir aussi Zorgloob.

  • beaucoup plus inquiétant : un nouveau projet de brevet de Google, qui en ferait un véritable Big Brother pour les internautes jouant aux jeux vidéos : pas le temps de développer, je renvoie au billet «Google: Le brevet qui fait peur », daté d'aujourd'hui, sur l'excellent  Googlinside.

    (pour suivre de près l'actualité de Google, je recommande deux blogs spécialisés, quasi-symétriques dans le propos : Zorgloob, qui chante plutôt les louanges, et Googlinside, qui révèle la face cachée, de l'ogre de Mountain View. Les deux sont une mine d'informations..)

  • et enfin, plus consternant : les actionnaires de Google veulent surtout leur bien mais pas celui des Chinois, et n'entendent pas remettre en cause la censure de Google sur les résultats dans la version chinoise : « Réunis en assemblée générale, les actionnaires de Google ont rejeté une résolution présentée par l'un d'entre eux qui visait à adopter des règles pour sauvegarder la liberté d’expression sur internet. »    
    Encore plus affligeant, nous révèle ce billet : « Parmi les mesures préconisées dans la résolution du New York City Pension Fund figurait l'engagement à ne pas stocker des données personnelles permettant d'identifier les internautes sur le territoire-même des pays qui ne respectent pas la liberté d'expression sur internet. Ainsi que celui de ne pas être proactif en matière de censure.  Deux engagements auxquels ont finalement refusé de se soumettre les actionnaires de Google. » (c'est moi qui souligne)

Ainsi donc, le même jour, Google nous apprend qu'il veut :
- déceler le profil psychologique des joueurs de jeux vidéos pour mieux les « cibler » (en publicité bien sûr !) ;
- maintenir la censure sur ses résultats pour ne pas irriter le gouvernement chinois (ah ! la « realpolitik » a de beaux restes, dans la firme des belles intentions !)
- et, en plus, il ne s'interdit pas de commettre un jour la même forfaiture que Yahoo, qui avait livré un journaliste dissident aux autorités (il semblerait que le dit-journaliste croupisse toujours dans une geôle, à l'heure actuelle).

Quand on vous dit que Google ne veut pas faire de mal !  (oui mais j'oubliais la « recherche universelle »,  le nouveau couteau suisse de la recherche d'information ;) )

AS

     

revues.org... le blog

A signaler l'ouverture du blog de revues.org depuis le 20 janvier  2007.... et un fil de plus ;-)
"Ce site traite de l'activité quotidienne de l'équipe de Revues.org, de ses projets et de son métier".
GG

Salon Online 2006

J'ai visité le salon Online à Londres (novembre 2006) dans le cadre du voyage organisé par le GFII, ce qui m'a permis d'assister à des exposés intéressants:
- sur la recherche à l'heure du web 2.0, par Stéphane Chaudiron (Ministère délégué à la Recherche), Christian Langevin (QWAM System), Guillaume Mazières (TEMIS), Antoine Raulin (bureau Van Dijk)
- sur les tendances, silences et signaux faibles du salon, par Michel Vajou (MV Etudes et conseil).
Le salon m'a un peu déçue car il n'est plus vraiment représentatif de l'évolution de la société de l'information: rien concernant les archives ouvertes et Google n'était pas là...Mais Thomson y occupait la place centrale et les grands éditeurs étaient très présents. Ceux-ci s'acheminent vers le tout numérique (4000 ebooks par an chez Elsevier) et ils rentabilisent: fusions, acquisitions et externalisations des processus éditoriaux dans les pays à main d'oeuvre peu coûteuse...
Si vous voulez plus d'informations, envoyez-moi un commentaire.
EL

Google contre l’illettrisme

Après la recherche d’information, la numérisation du patrimoine, la cartographie de la planète, l’accès à la science et d’innombrables autres services, Google vient d'ajouter une nouvelle dimension à sa nature polymorphe, celle (à terme ?) de  grand site éducatif mondial, engagé dans une cause éminemment juste : la lutte contre l’illettrisme.
Il s’agit du Literacy Project, "A resource for teachers, literacy organisations and anyone interested in reading and education, created in collaboration with LitCam, Google, and UNESCO's Institute for Lifelong Learning.”

D’après le Monde du 6 octobre : « Selon les derniers chiffres de l'Unesco, plus d'un milliard de personnes dans le monde seraient illettrées A l'occasion de l'ouverture du Salon mondial de l'édition en Allemagne mercredi, une campagne mondiale et son prolongement Web entendent sensibiliser le public sur ce fléau. Disponible en anglais et en allemand, The Literacy Project est un site "à destination des enseignants, des organismes éducatifs et de quiconque s'intéresse à l'enseignement et à la promotion de la lecture" ».

 Je suis allé voir rapidement : on est évidemment une nouvelle fois bluffé par le géant de Mountain View ! Recherche de livres, d’articles scientifiques (par Google Scholar), de vidéos, de blogs, de forums… sur la lecture, la « child and adult literacy », etc. On trouve même par Google Maps la localisation des principales organisations sur le domaine…

 Deux remarques rapides : gageons que ce nouveau service « googlien » sera  une aubaine, non seulement pour tous ceux qui s’intéressent aux questions de la lecture et de l’illettrisme, mais aussi (ça reste à confirmer) pour tous les acteurs de l’« information literacy »… La culture informationnelle n’y est pas encore une rubrique à part entière, mais pourquoi pas à terme ?

Enfin, avec ce nouveau site, ça va devenir vraiment dur de lutter contre la « googlisation » du monde ! Comment ne pas céder à un outil aussi sympathique, qui lutte pour de telles bonnes causes ? Comment résister « à la tyrannie du bien » ? ;)

Certains   mauvais esprits soulignent déjà tous les bénéfices publicitaires attendus d’une telle campagne (voir le billet  Google se range aux côtés des enseignants )... 

 

AS